Mush ! L’incroyable odyssée de Pascal Vatinel

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Hiver 1924, une terrible épidémie s’abat sur la région de Nome (Alaska). Premiers signes de contagions, le seul médecin est alarmé par la situation critique : les enfants sont les plus atteints et il doit faire face aux premiers décès. Des mesures radicales sont prises pour endiguer l’épidémie et n’éviter quelle ne se propage. Les villes aux alentours sont averties ainsi que le gouverneur des Etats-Unis pour faire face à cette menace grandissante (qui pourrait toucher une large population mondiale et décimer des milliers de personnes) si rien n’est fait pour la contrecarrer.

Mais des problèmes vont venir perturber encore plus à la situation déjà catastrophique : le peu de sérums qui reste est périmé, la ville la plus proche qui possède un stock suffisant pour pallier les débuts de l’épidémie est à plus de 1000km et les conditions sont trop extrêmes pour que la livraison se fasse rapidement : pas d’acheminement possible en train : ni en bateaux eaux gelées. Les conditions climatiques mettent en péril le sauvetage.

La solution la plus envisageable malgré les risques est l’acheminement par traîneaux. Les mushers se relaieraient pour transporter le précieux colis. Mais les volontaires sont peu nombreux car il faut lutter contre des conditions épouvantables.

Un récit inspiré d’une histoire vraie, très bien documenté et écrit avec passion. On suit les parcours exceptionnels de ces mushers et plus particulièrement d’une musheuse Elisabeth, qui n’hésitent pas à mettre leur vie en danger pour tenter de sauver les habitants de Nome. Des paysages sauvages, une nature hostile et des températures extrêmes rendent le périple terriblement dangereux. Une histoire captivante où l’on se prend d’affection pour ces mushers et leurs chiens qui bravent une contrée hostile, comptant sur les liens si précieux qui les unissent, leur endurance et leur puissance. Une véritable chaîne de solidarité se met en place et le pays entier a les yeux rivés sur ces sauveteurs de l’extrême. On est happé par cette force qui se dégage du récit, cette aventure humaine qui a déchaîné les passions et mis à jour les manipulations, le racisme mais surtout l’entraide et la générosité.

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Le Livre de Perle de Timothée de Fombelle

Dans un royaume lointain règne un despote qui oppresse son peuple et jalouse son frère au point de l’exiler dans un monde parallèle : le nôtre. Il arrive un soir d’orage devant une boutique de confiseurs, peu de temps avant que la 2nde Guerre mondiale n’éclate. Il se retrouve brutalement séparé de sa bien-aimée ; la fée Olia. Ils vont tout tenter pour se retrouver : lui veut revenir dans son royaume et elle le rejoindre dans son exil. Ce récit est entrecoupé par la voix du narrateur, perdu en pleine forêt et qui est recueilli par un vieil ermite aux lubies étranges.

Deux mondes parallèles en proie à un tyran et à ses violences. Une histoire d’amour qui naît, se déploie et se révèle dans toute sa beauté et sa fragilité. Les deux âmes sœurs font face à toutes les haines, les jalousies  et les obstacles. Le narrateur et nous, lecteurs sommes témoins de cette idylle. Des histoires s’entremêlent, des royaumes se côtoient, des personnages se croisent…Au fil des récits, le lecteur comprend peu à peu qui ils sont et quels sont ces liens qui les unissent. Un très beau travail d’écriture, une plume soignée et envoûtante qui nous emmène aux frontières du réel et du fantastique. Une fin inattendue : une mise en abîme originale et intéressante qui ouvre le récit sur la puissance évocatrice des pouvoirs de l’écriture, de la lecture et de l’imaginaire. Une ambiance onirique et merveilleuse propre aux contes de fées qui se mêle au réalisme et à la dureté de l’Histoire.

Bleue de Florence Hinckel

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Une société hyper-connectée où il n’y a pas de place pour la tristesse, le deuil : signes de grande faiblesse. Si l’on est trop sensible, trop émotif, on risque d’être exclu du système : pas d’amis, pas de travail… La compétition fait rage pour décrocher un travail, le garder, avoir de plus en plus d’amis, être présent un maximum sur le Réseau… Silas n’a jamais oser remettre en cause cette société, même s’il est différent : rêveur, sensible, émotif…jusqu’au jour où on le force à effacer une douleur émotionnelle très forte. Il va jusqu’à oublier une partie de sa vie, une partie de lui-même et de ses émotions, ce qui fait de lui un être humain.

 

Un roman qui se lie très vite, on est d’emblée plongé dans la vie de ce lycéen au départ si banale. Mais l’accident va tout bouleverser : il doit se battre contre les autres et contre lui-même pour retrouver sa part d’humanité et tenter d’alerter le monde pour lutter contre cette société. Les rebondissements s’enchaînent à folle allure, peu à peu des révélations se font, notre regard change, on commence à se poser des questions. Suivre le combat de ces deux jeunes gens épris l’un de l’autre, les épreuves qu’ils endurent, tout est tellement fort, tellement beau. L’histoire est également racontée du point de vue d’Astrid qui nous amène à comprendre plus de choses, les liens se font. L’auteur dénonce avec beaucoup d’acuité et de talent : la désinformation, l’hyper-connection, l’individualisme, le rejet de nos émotions au détriment de notre humanité. De très belles phrases jalonnent le récit, il faut les noter pour ne pas oublier et prendre le temps d’y réfléchir…

Le Seul et unique Ivan de Katherine Applegate

L’histoire se déroule dans un centre commercial qui a pour attraction des animaux enfermés dans des cages. Ivan, gorille imposant fait la renommée de ce lieu, les visiteurs se pressent pour le voir et l’observer. Mais au fil du temps, les gens se lassent et cherchent l’attrait de la nouveauté, du sensationnel, ce qu’Ivan n’offre plus.

Tout au long du récit, on entend la voix mélancolique, triste et souvent abattue d’Ivan qui raconte ses mornes et ennuyeuses journées ponctuées parfois de petits bonheurs : les dessins qu’il réalise, la visite de Julia la fille du gardien, son amitié avec Stella, vieille éléphante et Bob, chien errant. Une arrivée va bouleverser ce quotidien routinier, Ruby jeune éléphante qui vient d’être « capturée » pour relancer les entrées du centre commercial et attirer la foule. Par ses questions enfantines et naïves, sa joie, son envie de vivre, elle va redonner un nouveau souffle à Ivan notre gorille et aux animaux enfermés dans les cages. Mais peu à peu, Ivan prend conscience de la tristesse et de l’ de l’endroit qui les brise et les enchaîne à une vie misérable. Il veut que la jeune éléphante et que ses compagnons aient une meilleure vie, bien meilleure que celle qu’il a passée dans ce lieu infâme. Il va promettre de les sauver et de leur offrir ce qu’ils méritent.

Il va faire preuve d’un regain d’énergie, de vitalité, d’une envie de se battre, de se faire entendre, d’être enfin actif et ne plus se laisser mourir à petit feu. Ivan va élaborer un plan et recourir à ses talents pour se faire entendre et comprendre. II va mettre à profit son intelligence et sa sensibilité d’artiste.

Une histoire vraie mettant en scène la maltraitance des animaux et particulièrement celle d’Ivan le gorille qui a réellement existé. On ne peut rester insensible face à ces conditions de vie déplorables que connaissent ces animaux enfermés dans des cages, privés de leur liberté. L’auteur transmet à travers la voix d’Ivan toute une palette d’émotions qui nous touche et nous émeut au plus haut point. Les chapitres sont courts et précis soulignant avec force et justesse les pensées d’Ivan. Le fil du roman va crescendo, il prend conscience peu à peu de cet enfermement et reprend vie pour se battre et sauver ses amis. Une lecture fluide qui nous amène à nous interroger sur les souffrances des animaux enfermés. Un récit lumineux et poignant.

Une Arme dans la tête de Claire Mazard

Apollinaire jeune adolescent, vient d’arriver en France. Il vient de fuir son pays où il était enrôlé de force en tant qu’enfant soldat. Drogué, alcoolisé, il prenait part aux massacres et aux pillages. Douloureux passé qui revient sans cesse le hanter, il ne cesse de faire des cauchemars et s’interdit de vivre pleinement. Sont ancrés en lui les pires barbaries qu’il a commises.

Un roman qui nous fait basculer brutalement dans l’enfer qu’a vécu Apollinaire confronté aux horreurs de la guerre. Les phrases sont dures et incisives comme les pensées de cet adolescent, traumatisé par ces atrocités qu’on l’a forcé à commettre. Le ton est direct, si Apollinaire tait son passé aux personnes qu’il rencontre, le lecteur découvre tout ce qu’il à dû subir et faire subir, rien n’est caché et les propos sont d’une rare violence. A travers ce récit d’enfant soldat, de la vie qu’il essaye aujourd’hui de mener en mettant de côtés ses démons, l’auteur montre l’impuissance de ces jeunes enfants enrôlés de force dans ces guerres qui les prive de tout : il n’existe plus que la violence et la cruauté. Malgré un esprit torturé, il montre finalement une volonté de s’en sortir, d’essayer de vivre avec ces blessures : une petite lueur d’espoir …

Un texte fort et percutant, qui nous laisse tout du long le souffle court.

Et plus encore de Patrick Ness

Le roman s’ouvre sur une scène tragique où le personnage principal, un jeune garçon de dix-sept ans est en train de se noyer dans une eau glaciale. L’issue fatale est inévitable : il meurt. Mais il se réveille bien vivant, faible et désorienté dans une maison laissée à l’abandon. Tout est étrange, immobile, pas un bruit ne vient perturber ce silence oppressant.

Est-il vraiment vivant ? Ne serait-il pas en enfer ? Quel est ce monde dévasté dans lequel il s’est réveillé ? Seth découvre peu à peu cet endroit, des souvenirs lui reviennent. Mais il est complètement perdu, totalement seul, des questions qui ne trouvent aucune réponse tourbillonnent en lui. Il n’a aucun repère : il ne sait pas où il se trouve, ni ce qu’il doit faire…

Réalité ou univers imaginaire ? Tout se mélange !

Un récit troublant, plein de mystères où le lecteur est aussi perdu que Seth. Servi par une écriture puissante et totalement maîtrisée, on est happé par l’errance, le cheminement lent et compliqué du personnage principal. Tout trouve un écho en nous : les questions que se pose Seth sur le sens de la vie, le sens du monde dans lequel il est, dans lequel il a vécu, sur l’acceptation de soi…Un texte très bien construit, des idées originales et un suspens entretenu du début à la fin. Même si des rebondissements ponctuent l’histoire, c’est plus un roman qui laisse le temps aux questionnements, ouvrant des portes à la réflexion qu’un récit purement d’action.

Il ne faut pas en dévoiler plus pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture et de la découverte alors vous savez ce qu’il vous reste à faire…

1,2,3…Foulard de Eric Sanvoisin

Charlotte est une jeune fille au passé difficile, qui va de famille d’accueil en famille d’accueil. Sans cesse l’envie de fuguer la taraude,  mais accueillie chez un nouveau couple, elle se sent peu à peu libérée de ses angoisses et se sent aimée. Elle peut enfin les appeler papa et maman. Malgré ses réticences, sa peur des autres et de l’inconnu, elle va devoir surmonter ses craintes et  faire sa rentrée au collège. Une camarade de classe va la prendre sous son aile et l’intégrer dans un petit groupe. Charlotte se retrouve totalement sous l’emprise du chef : Jordan, un beau garçon mystérieux qui leur fait découvrir un jeu dangereux : le jeu des étoiles autrement dit le jeu du foulard. Charlotte tombe amoureuse et veut tout faire pour lui plaire, au péril de sa vie…

Le roman s’ouvre sur une scène où l’héroïne est dans sa chambre d’hôpital, plongée dans le coma. C’est elle qui nous livre peu à peu son histoire, sa terrible histoire… Des chapitres courts font monter la tension tout au long du récit jusqu’au dénouement final. On ne peut ressortir indemne de cette spirale d’émotions fortes. L’auteur raconte avec intensité le mal être des adolescents, la puissance des sentiments et les conséquences dramatiques du jeu du foulard. Un roman coup de poing pour un sujet encore tabou : les jeux dangereux qui envahissent les cours de récréations et les réseaux sociaux.

Trois flammes dans la nuit de Catherine Cuenca

Marion, jeune fille de 16ans vient d’emménager contre son gré dans un petit village avec sa mère. Village qui a été le lieu d’une sombre affaire : des tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale ont été exécutés sans pitié par des soldats nazis. Un cimetière a été construit aux abords du village en mémoire du drame. Peu enthousiaste à l’idée de vivre dans un village perdu, loin de tout ses amis parisiens, Marion s’ennuie à mourir et a hâte de rentrer au lycée pour côtoyer des gens de son âge.

Mais un meurtre va perturber la vie paisible des habitants de ce village. Le fils d’un des tirailleurs sénégalais venu pour se recueillir est froidement abattu. Marion bouleversée par ce drame, se lance dans une enquête pour tenter de comprendre pourquoi cette personne a été assassinée et par qui ? Quel sombre secret cache les habitants de Sagny ? Pourquoi tant de mutisme de leur part ? Elle découvre peu à peu que le meurtre est lié à ce qu’il s’est passé soixante quinze auparavant. Un jeune homme, délinquant, rejeté par les habitants du village, va essayer de l’aider dans son enquête. Attention le danger règne, ceux qui se mêle de cette affaire, ne sont pas à l’abri de représailles.

Une fiction historique très bien menée et qui aborde un aspect méconnu de la Seconde Guerre mondiale. L’auteur mêle avec brio : récit historique, enquête et histoire d’amour. Notre héroïne n’a pas froid aux yeux et malgré le mutisme, les non-dits et les rumeurs, va tout faire pour découvrir la vérité et la faire éclater au grand jour. L’auteur retranscrit le racisme de cette époque encore présent aujourd’hui à travers l’atmosphère lourde de secrets enfouis où l’héroïsme des uns fait face à l’opportunisme et la peur des autres. Un véritable devoir de mémoire se construit à travers ce récit historique. A lire en la mémoire des victimes.

Justice pour Louie Sam

Sur la route de l’école, les enfants Gillies voient une maison en flamme. Des décombres fûmants, ils découvrent le corps sans vie du propriétaire. Un coupable est immédiatement suspecté : un jeune indien qui rôdait autour de la maison. Les habitants du village réclament vengeance. Sans autre forme de procès, ils condamnent le jeune indien à la pendaison.

Mais, le plus âgés des enfants Gillies : George commence à douter de la culpabilité du jeune Indien. Il s’aperçoit que les questions qu’il pose vont déranger certaines personnes et révéler de sombres secrets. L’Indien était-il réellement le coupable ?

Un roman tiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée au Canada en 1884. Les relations entre les Indiens et les nouveaux colons étaient compliquées. Des tensions empêchaient les communautés de vivre ensemble.

L’auteur s’inspire d’un fait réel de l’histoire de l’Amérique au XIXème siècle ; siècle où relations entre indiens et colons étaient très tendues. Le jeune protagoniste confronté à un meurtre, va peu à peu prendre conscience de la dure réalité de cette époque : le racisme, l’injustice et les crimes impunis. Sa quête de la vérité et son besoin de savoir ce qu’il s’est réellement passé, va toucher le lecteur. Malgré l’ambiance pesante et angoissante qui règne dans sa communauté, Georges va se fier à son intuition et son intelligence pour découvrir la vérité. Une enquête menée par un garçon courageux et épris de justice dans un univers colonial violent. Une écriture incisive, des scènes fortes décrites avec dureté nous donne envie de nous battre et d’accompagner le protagoniste. Un récit vibrant qui peut faire échos à certains préjugés encore bien actuels.

La Dose de Melvin Burgess

Une nouvelle drogue appelé Le Raid est lancée sur le marché. Une drogue qui fait vivre une semaine exceptionnelle au terme de laquelle les personnes meurent subitement. Une rock star décède en plein concert après avoir pris cette pilule. Cela déclenche une vague d’hystérie chez les jeunes qui sont désabusés par la société qui ne leur offre aucune possibilité d’avenir (où les riches sont encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres). Un groupuscule qui lutte contre les inégalités sociales va profiter de cette pagaille pour distribuer gratuitement des pilules aux jeunes. Adam et Lizzie un jeune couple va se retrouver dans cette spirale infernale. Adam, vient de perdre son frère, son père est au chômage et sa mère se tue au travail. Ils vivent misérablement et Adam rêvent d’une vie meilleure, il pense que le Raid va lui permettre de vivre une semaine extraordinaire où tout sera possible. Il va prendre la pilule mais va très vite regretter son geste, il va essayer de profiter de cette dernière semaine mais la peur de mourir l’en empêche.

Un roman coup de poing qui dépeint une société au bord du chaos. Les révoltes grondent, les gens protestent contre l’injustice et contre la misère. Profitant du découragement et du désespoir des jeunes, une drogue meurtrière fait son apparition sur le marché. Des adolescents vont se retrouver projeter au cœur de la tourmente, dans les griffes de la mafia. Une écriture puissante, un thriller enlevé où certains passages sont d’une rare violence mais c’est pour mieux questionner le lecteur sur l’importance que l’on peut accorder à notre vie, à la force que l’on peut déployer pour changer la société envers et contre tous ! Une dystopie sombre et oppressante où l’auteur est un maître dans l’art de toucher et de bousculer les adolescents en utilisant des thèmes forts qui trouvent un écho en eux.

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