L’Arbre à gâteaux de Etsuko Watanabe

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Un vieil homme offre à la petite Jeanne un livre sur un arbre capable d’exaucer tous les souhaits. Elle  adore s’évader à travers la lecture, elle en profite alors pour monter sur son bateau accompagné de sa fidèle peluche, pour lire paisiblement bercé par les douces vagues. Tellement plongée dans sa lecture Jeanne ne remarque pas que les vagues se font plus fortes. Un gigantesque poisson se hisse hors de l’eau pour l’avaler mais heureusement une pieuvre tout aussi spectaculaire vient à sa rescousse. Tout va très vite s’enchaîner, Jeanne va se retrouver ballotée par les flots et par les monstres peuplant cet univers aquatique mais heureusement sa fidèle peluche est là pour veiller sur elle.

Ensemble, ils vont découvrir un univers aquatique fantasmagorique, ils vont faire face à des créatures abominables,  croiser des enfants qui ont vu leur souhait exaucé par le fameux arbre à gâteaux. Jeanne conquise, veut absolument le dénicher aussi et voir son rêve réaliser. Mais la route sera longue pénible arrivera t-elle à trouver ce qu’elle cherche ? Parviendra t-elle à trouver une issue de secours ?

Dès la couverture, le lecteur a l’eau à la bouche ! Un album aux dimensions démesurées afin que notre regard se perde plus facilement dans ces fabuleuses illustrations. Happé par ces couleurs tour à tour sombres et vives, on est emporté dans un voyage fantasmagorique où le danger guette à chaque recoin. On traverse l’océan, des forêts abyssales, des terres peuplées de terribles créatures…Le texte assez minimaliste s’intègre parfaitement dans ces grandes doubles pages illustrées. Etsuko Watanabe fait preuve d’une grande créativité et de beaucoup d’imagination à travers cet univers aquatique entre le rêve et le cauchemar. Une aventure qui ravira petits et grands !

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Hercule est une chochotte de Pamela Duncan Edwards et de Benji Davies

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Hercule désespère, une écharde vient de se planter dans sa patte, c’est toujours sur lui que ça tombe. Il décide d’aller chez le vétérinaire, lui seul pourra l’aider. Sur son chemin, il va croiser ses amis qui lui proposent de profiter des charmes de la ville, mais il refuse à chaque fois prétextant qu’il doit filer chez le vétérinaire pour soigner sa blessure ! Il ne se prive pas de se lamenter et d’exagérer sur sa terrible écharde. Tout préoccupé à son sort, il ne se rend pas compte que chacun de ses partenaires à 4 pattes vont se retrouver dans des situations dangereuses et vont en voir de toutes les couleurs. Imperturbable il continue son chemin, aveugle à ce qu’il se passe autour de lui.

Un personnage drôle à souhait qui est tout entier tourné sur sa petite blessure. Pourtant autour de lui ses amis se retrouvent dans des situations périlleuses mais savoureuses pour le lecteur qui est le seul à les voir ! Ils ne sont pas épargnés mais Hercule insensible à ce qu’il se passe autour de lui ne s’aperçoit de rien. On se régale de la chute de l’histoire, décidément Hercule est  irremplaçable ! Son égocentrisme et son côté chochotte nous font sourire. S’ajoutent des illustrations dynamiques aux scènes pleines de détails qui servent joyeusement le récit !

Nous, les enfants sauvages de Alice de Poncheville

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La Terre est débarrassée de ses animaux, de cette forme de vie considérée comme dangereuse pour l’homme car porteuse de maladies mortelles. Les animaux ont commencé à tomber malade, à mourir et ont transmis leurs virus aux humains. Ce fut une catastrophe planétaire.  Des milliers d’humains et d’animaux ont péri, beaucoup d’enfants se sont retrouvés orphelins. Pour se protéger les survivants ont pris une lourde décision : celle d’éradiquer tous les animaux qu’ils soient malades ou sains.

Linka et sa sœur Oska ont perdu leurs parents et vivent à présent dans un orphelinat aux règles strictes. Les contacts humains sont à éviter, elles ont un planning journalier très chargé à respecter : elles ont peu d’heures de libres. Ils sont constamment sous surveillance, nombre d’interdits leur sont appris. La directrice de l’orphelinat est sévère et injuste avec les enfants surtout avec ceux qu’elle n’apprécie pas.

Linka va découvrir pendant une de ses escapades : un être vivant sorte de poisson aérien qu’elle va choisir de recueillir. Une belle relation va naître entre eux mais elle doit à tout prix le cacher car elle enfreint la règle la plus vitale de la société : tout personne en contact avec une vie non humaine doit l’éliminer. A son contact Linka va découvrir des sensations, des émotions, sa vie va s’en trouver chamboulée, elle va en tirer une force. Seulement, elle doit rester sur ses gardes, le danger rôde, la directrice garde un œil sur elle et le professeur Singre est prêt à la reconditionner et les brigades vertes sont à l’affût des rebelles…

On suit différents personnages tout au long du récit : Linka, sa sœur Oska et son ami Markus: ils vont être séparés et se retrouver dans des situations périlleuses. Ils vont devoir s’en sortir et essayer de se retrouver. Expérimenter, évoluer, faire le point sur eux-mêmes, sur ce qu’ils désirent, découvrir la vérité sur cette société, leur parcours initiatique sera semé d’embûches !

Une société enfermée sur ses principes, très règlementée où les animaux ont été bannis de l’Humanité et où le contact de la Nature est réduit à son minimum. Cela aux détriments de la biodiversité de la planète et du bien être des Hommes. On sent à travers la lecture un vide, une absence, un quelque chose de fondamental qu’ils manquent aux Hommes pour qu’ils puissent s’épanouir. Un monde post apocalyptique bien différent des codes du genre habituel. Une écriture humanisée, d’une grande douceur où l’on sent une certaine nostalgie poindre. On est emporté par le récit rythmé par les différents personnages que l’on suit, leur lente appropriation du monde et leur quête de liberté et de vérité. Des personnages très attachants que l’on sent si proches de nous. Un monde bien construit avec ses normes, ses nombreuses failles que l’on décortique et où peu à peu on découvre l’envers du décor…Un  récit à la portée universelle qui fait tant écho à notre société, nos modes de vie et de consommation. Mais sans leçon ni morale juste un éveil, une prise de conscience. Une fin superbe à la hauteur de ce roman.  Une force tranquille, une généreuse humanité, un message d’espoir se dégagent du récit. Une très belle découverte !

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