Méto de Yves Grevet

64. C’est le nombre d’enfants qui vivent reclus dans une maison : La Maison. L’éducation qu’ils y reçoivent est très stricte. Ils sont surveillés par les Césars, des hommes qui ne ressentent aucune émotion. Ils doivent respecter de nombreuses règles : celle de ne pas poser de questions à leurs professeurs, celle de suivre un timing très précis pour manger… sous peine de recevoir une punition : une claque collective ou ce que les enfants redoutent le plus : passer une nuit (ou plus) dans le frigo !

Les enfants sont répartis en différents groupes selon leur taille. Les bleus pour les plus petits et les rouges pour les plus grands. Tous les jours ils reçoivent une piqûre pour éviter qu’ils ne grandissent. Si ce fait se produit, les enfants disparaissent et leurs camarades ne les revoient plus jamais.

Méto, un Rouge, commence à se poser des questions, il réfléchit, il aimerait savoir ce qu’il y a en dehors de la maison, où vont ses camarades grandis trop vite. Il organise une rébellion avec quelques uns de ses amis pour découvrir tout ce qu’on leur cache.

Ce roman d’anticipation fait partie d’une trilogie. L’auteur met en place dans le premier tome l’endroit où vivent les enfants, un univers froid, où la violence est canalisée mais où on la sent prête à se libérer. Les enfants ne savent pas d’où ils viennent, ne savent rien du futur qu’on leur réserve. Ils doivent vivre dans le présent où leurs vies sont régies par des règles sévères. Le lecteur ressent toute l’horreur de cette éducation, de cette vie dure et angoissante….L’histoire est captivante on suit les questionnements de Méto, son refus de suivre les règles qu’on lui impose. On sent sa soif d’apprendre, de vivre dans un monde où il serait libre de ses actes…On va découvrir avec lui ce qu’il y a en dehors de la maison…

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Je veux mon chapeau de Jon Klassen

je veux mon chapeauUn ours (mal léché?) a perdu son beau chapeau. Il veut absolument le retrouver, et questionne tous les animaux qu’il croise pour s’assurer qu’ils ne lui ont pas volé son précieux couvre-chef.

Il faut dire que l’ours désespère de ne pas le retrouver. Le renard, la grenouille, le serpent, tous affirment qu’ils ne l’ont pas aperçu. L’ours poursuit donc sa quête.

Quand tout à coup il se rend compte qu’il vient de croiser un lapin… avec un chapeau sur la tête !

L’ours regarde le lapin, le lapin regarde l’ours, mais que va t-il se passer ? Est-ce le chapeau de l’ours ? Va t-il manger le lapin et récupérer le chapeau? Ou va -t-il poursuivre son chemin ?

Vous saurez la fin de l’histoire en la lisant !

Les illustrations sont sobres, il y a peu de décors. Mais tout passe par les jeux de regards entre les animaux et surtout entre l’ours et le lapin qui nous font rire aux éclats. L’histoire est simple et voir cet ours impassible mais déterminé à retrouver son chapeau la rend cocasse. La chute de l’album est vraiment la cerise sur le chapeau !

Yakouba de Thierry Dedieu

Dans un village d’Afrique, un jeune guerrier s’apprête à faire ses preuves. Il va devoir affronter le roi des animaux pour montrer son courage et être accepté par les siens. Yakouba a peur, peur de rencontrer ce puissant animal, de lui faire face et de le combattre.

Quand enfin il l’apercoit, un lion blessé, souffrant à l’ombre d’un arbre décharné, Yakouba hésite. Il ne sait plus, son regard se perd dans celui de l’animal, un regard terriblement humain…

Un album fort et percutant. Les dessins soulignent cette dureté, ces mouvements par de grands traits noirs sur un fond entièrement blanc. On est frappé par la puissance et la vivacité que dégagent ces illustrations très contrastées. L’histoire met en avant cet enfant à l’aune de l’âge adulte qui doit faire un choix déterminant. Le personnage fait preuve de courage en allant à l’encontre de sa culture pour sauver cet animal, pour sauver son âme.

L’auteur a écrit une suite à cette histoire : Kibwé et Yakoubwé. Lisez ces deux albums pour découvrir la confrontation entre les humains et les fauves, entre Yakouba et sa tribu, une confrontation féroce où tous ne sortiront pas indemnes…

Max de Sarah Cohen-Scali

Max est encore un bébé dans le ventre de sa mère mais il sait déjà qu’il veut naître  le jour de l’anniversaire du Führer. Il veut être le parfait représentant de la race aryenne. Il fait partie du programme nazis « Lebensborn » où des femmes sont sélectionnées selon des critères très précis pour mettre au monde des enfants de la future jeunesse hitlérienne. L’enfant est éduqué selon la doctrine nazie, il grandit sans amour, ni tendresse. Max veut faire ses preuves en tant que parfait aryen, il n’éprouve aucune empathie envers ses camarades, il veut seulement être le meilleur. Jusqu’au jour où il rencontre Lukas, un jeune juif rebelle, qui a des croyances complètement contraires aux siennes. Max va peu à peu se lier d’amitié avec lui…

Ce roman est déroutant dès les premières pages car c’est un bébé pas encore né qui se fait le narrateur de l’histoire. Il s’exprime de façon violente et il a des propos durs envers lui-même et les autres. Cette fiction nous  montre les horreurs de cette éducation naziste, peu abordée dans les leçons d’Histoire. Le lecteur peut être perturbé par ce narrateur très cruel dans ses mots et dans ses émotions. C’est un livre percutant, qui nous force à réfléchir sur cette période noire de l’Histoire.

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