Quand la montagne scintille de Laurie Cohen et de Marjorie Béal

Un album qui nous emmène à la découverte de paysages montagneux, des douces collines verdoyantes aux hautes cimes enneigées. Un parcours onirique à travers la montagne personnifiée qui se pare de multiples couleurs suivant ses émotions et suivant les saisons. Un texte ponctué de phrases courtes à la poésie rêveuse et enchantée où la montagne prend doucement vie. Un album très graphique où des formes géométriques se mêlent et s’entremêlent aux couleurs chatoyantes : un entrelacs d’une vive beauté. Un spectacle enchanteur, un hymne à la nature et ses merveilles.

Publicités

Une Arme dans la tête de Claire Mazard

Apollinaire jeune adolescent, vient d’arriver en France. Il vient de fuir son pays où il était enrôlé de force en tant qu’enfant soldat. Drogué, alcoolisé, il prenait part aux massacres et aux pillages. Douloureux passé qui revient sans cesse le hanter, il ne cesse de faire des cauchemars et s’interdit de vivre pleinement. Sont ancrés en lui les pires barbaries qu’il a commises.

Un roman qui nous fait basculer brutalement dans l’enfer qu’a vécu Apollinaire confronté aux horreurs de la guerre. Les phrases sont dures et incisives comme les pensées de cet adolescent, traumatisé par ces atrocités qu’on l’a forcé à commettre. Le ton est direct, si Apollinaire tait son passé aux personnes qu’il rencontre, le lecteur découvre tout ce qu’il à dû subir et faire subir, rien n’est caché et les propos sont d’une rare violence. A travers ce récit d’enfant soldat, de la vie qu’il essaye aujourd’hui de mener en mettant de côtés ses démons, l’auteur montre l’impuissance de ces jeunes enfants enrôlés de force dans ces guerres qui les prive de tout : il n’existe plus que la violence et la cruauté. Malgré un esprit torturé, il montre finalement une volonté de s’en sortir, d’essayer de vivre avec ces blessures : une petite lueur d’espoir …

Un texte fort et percutant, qui nous laisse tout du long le souffle court.

Et plus encore de Patrick Ness

Le roman s’ouvre sur une scène tragique où le personnage principal, un jeune garçon de dix-sept ans est en train de se noyer dans une eau glaciale. L’issue fatale est inévitable : il meurt. Mais il se réveille bien vivant, faible et désorienté dans une maison laissée à l’abandon. Tout est étrange, immobile, pas un bruit ne vient perturber ce silence oppressant.

Est-il vraiment vivant ? Ne serait-il pas en enfer ? Quel est ce monde dévasté dans lequel il s’est réveillé ? Seth découvre peu à peu cet endroit, des souvenirs lui reviennent. Mais il est complètement perdu, totalement seul, des questions qui ne trouvent aucune réponse tourbillonnent en lui. Il n’a aucun repère : il ne sait pas où il se trouve, ni ce qu’il doit faire…

Réalité ou univers imaginaire ? Tout se mélange !

Un récit troublant, plein de mystères où le lecteur est aussi perdu que Seth. Servi par une écriture puissante et totalement maîtrisée, on est happé par l’errance, le cheminement lent et compliqué du personnage principal. Tout trouve un écho en nous : les questions que se pose Seth sur le sens de la vie, le sens du monde dans lequel il est, dans lequel il a vécu, sur l’acceptation de soi…Un texte très bien construit, des idées originales et un suspens entretenu du début à la fin. Même si des rebondissements ponctuent l’histoire, c’est plus un roman qui laisse le temps aux questionnements, ouvrant des portes à la réflexion qu’un récit purement d’action.

Il ne faut pas en dévoiler plus pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture et de la découverte alors vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Fleur de béton de Clotilde Bernos

Azalée et sa mère sont sans domicile fixe et vivent à la rue sur un bout de trottoir, depuis le jour où le père d’Azalée les a abandonnées. Leur quotidien est difficile, parfois morose, les journées passent très lentement, mais la mère et la fille ont une belle entente et ont réussi à se lier d’amitié avec des personnes qui les aident ponctuellement : le concierge d’un immeuble, une épicière…

L’auteur nous emmène avec tendresse dans le quotidien d’Azalée qui vit à la rue avec sa mère. Tout n’est pas rose mais tout n’est pas gris non plus. Aux journées mornes et difficiles se révèlent parfois des instants de joies et de petits bonheurs. Un récit tout en poésie et en douceur porté par la voix malicieuse et optimiste d’Azalée. Une réalité de la rue transposée dans un texte délicat qui n’est à aucun instant larmoyant.

Blog Stats

  • 23 168 hits

Calendrier

mai 2015
L M M J V S D
« Avr   Juil »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031