Nox de Yves Grevet

Dans un futur proche, une société est séparée en deux, la ville basse où les pauvres essayent tant bien que mal de survivre et la ville haute où les riches vivent sans contraintes ou presque. Les habitants de la ville basse doivent faire face à un épais brouillard (Le Nox) que les rayons du soleil n’arrivent pas à percer. Ils vivent dans une obscurité permanente et doivent produire leur propre électricité à la seule force de leurs jambes. Leur espérance de vie est également plus courte. Les jeunes filles doivent se marier tôt et faire des enfants le plus vite possible. Quant aux garçons ils doivent apprendre rapidement leur futur métier qui est généralement le même que celui de leur père. La milice veille à faire respecter les règles et les gens les craignent car ils n’hésitent pas à faire preuve de violences. Dans la ville haute, les enfants sont scolarisés et vivent sans soucis du lendemain. L’électricité et l’eau courante ne sont pas un problème pour eux. Ils vivent dans leur bulle et dans leur quotidien confortable car la plupart d’entre eux ne connait pas ce qu’endurent les gens d’en bas…mais des conflits guettent….

Au fil de l’histoire nous suivons la vie de Lucen qui attend de se marier avec sa promise Firmie et de reprendre le même travail que son père. Mais tout va s’écrouler, les amis d’enfance de Lucen vont se diviser entre les partisans qui sont pour une vie égale à celle des riches et les militants conservateurs qui prônent cette séparation des deux sociétés.  La situation s’envenime entre actes terroristes, espionnages, violences et trahisons…Lucen va devoir faire son choix, rester neutre ou entrer dans la lutte. Sa rencontre avec une jeune fille de la haute société qui veut découvrir ce qu’est devenue sa nourrice va tout faire basculer.

Le rythme s’enchaîne rapidement, le lecteur suit le personnage Lucen mais également ses amis (ennemis) et  Firmie. Cela apporte de l’ampleur à l’histoire et permet également de comprendre les différents points de vue des personnages. Une écriture rondement menée, une aventure à en perdre haleine, des personnages attachants, une société en proie à des injustices et à des violences, tout est réuni pour lire un roman qu’on ne veut plus lâcher. L’auteur a écrit 2 tomes de cette aventure riche en rebondissements, le 2ème tome gagne en profondeur, des secrets nous sont dévoilés et l’on apprend enfin quelle sera l’issue de ce combat.

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J’ai joué avec les loups de Gabriel Janer Manila

Marcos vit avec son père et sa belle mère dans un village très pauvre. Un jour, son père décide de le vendre à un homme alors qu’il n’a que six ans. Celui-ci l’envoie dans les montagnes. Marcos va devoir élever des moutons avec un ermite. La vie est dure, le vieil homme ne lui parle pas beaucoup. A sa mort, Marcos encore enfant, va alors devoir survivre dans ce milieu où le danger règne. Contre toute attente, Il va apprivoiser la nature et les animaux qui y vivent. Il se lie d’amitié avec les serpents, les moutons, les loups, les renards… L’homme qui l’a acheté vient de temps en temps pour récupérer quelques moutons et lui donner en échange quelques quignons de pains. Marcos se plaît de cette vie, même si sa famille et le contact avec des humains lui manquent…Mais il sait que les animaux, eux ne l’abandonneront pas. Il survit au jour le jour et se montre très débrouillard. Au fil du temps Marcos oublie sa propre langue et communique avec les animaux en imitant leurs cris.

Lorsqu’on le découvre, treize années après qu’il ait été abandonné dans les montagnes,  des hommes vont tenter de le ramener à la civilisation, de lui apprendre la langue, les gestes et les règles pour vivre en société.

Tirée d’une histoire vraie, l’auteur a recueilli le témoignage de Marcos et a décidé trente ans après d’en faire un récit. Un roman émouvant où l’on suit le parcours de ce jeune homme qui a su survivre dans un milieu a priori hostile. A l’écart des hommes, on ressent pourtant toute l’humanité de ce jeune Marcos, toute l’empathie qu’il ressent envers les animaux, cette fraicheur et ce brin de naïveté qu’il a su garder. Le récit est parfois hésitant, répétitif, mais c’est le choix de l’auteur d’avoir conservé la façon de s’exprimer de Marcos : hachée, vive et nostalgique.

Aglaé et Désiré de Yael Hassan et de Clotilde Perrin

Désiré habite seul dans une maison sombre, pour lui tout n’est que tristesse et désespoir. Il ne cesse de soupirer ; ni lumière, ni fleur, ni oiseau, il n’a pour unique compagnie que le vent sifflant à ses oreilles. Les jours passent et se ressemblent jusqu’au jour où Aglaé arrive. Toute légère, toute guillerette, elle détonne dans l’univers de Désiré. Il est surpris, il n’a encore jamais vu cela. Aglaé s’occupe de son nouveau logement, elle peint, elle bricole, elle jardine, elle veut créer un vrai nid douillet, coloré et chaleureux.  Son rêve est de se marier et d’avoir plein d’enfants. Désiré qui assiste à tout ce joyeux remue ménage, voit la pluie qui arrive et qui ne faiblit pas. Il s’inquiète pour sa nouvelle voisine, et se décide à sortir pour la prévenir. Il va lutter contre les flots (la pluie faisant rage). Aglaé qui le voit arriver vers elle, tout tremblotant après avoir bravé le torrent, va s’occuper de lui pour qu’il se remette de son aventure. Elle est tellement à ses petits soins qu’il ne va plus la quitter et ils vont tout deux se découvrir des sentiments amoureux…

Un récit rythmé, tout en vers et en rime. Les illustrations sont sublimes, éclatantes de couleurs, de vivacité, le trait est doux et précis. L’histoire est belle et légèrement naïve, on est envouté par le texte musical et les images débordantes de vie et d’éclats. Un vrai bijou à mettre entre toutes les mains !

A-a-a-a-Atchoum ! De Philip C.Stead et Erin E.Stead

Amos McGee est un vieillard doux et sympathique qui se rend chaque jour au zoo pour voir ses fidèles amis (éléphant, tortue, rhinocéros…). Il joue avec les uns et les autres, passe du temps avec eux pour leur plus grand plaisir. Mais un jour, il se réveille avec un gros rhume. Impossible pour lui d’accomplir sa visite quotidienne. Pendant ce temps, ses amis s’ennuient et s’inquiètant de ne le voir arriver, ils décident alors tous ensemble d’aller le retrouver chez lui. Amos est agréablement surpris et ému de les voir.

Un album aux dessins très doux et très délicat. L’illustratrice accomplit un très beau travail, ses personnages et ses décors ont l’air si réel. L’histoire est vraiment charmante avec une pointe d’humour qui nous fait gentiment sourire. Un album soigné au graphisme raffiné. Un émerveillement pour les yeux.

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